Pas à pas vers les mots

Le Comité du Bassin d’Arcachon et du Val d’Eyre a organisé en novembre 2024 une rencontre au Club House Partagé de Biganos qui constitue en quelque sorte le barycentre du Bassin, avec l’association Possible. Sa vocation : aider des personnes en difficulté à maîtriser la langue française. Sur ses 12 ans d’existence, l’association a accueilli bénévolement près de 500 personnes.

Une quinzaine de personnes ont écouté avec attention la présidente mais aussi posé beaucoup de questions car le sujet intrigue et interpelle. Jacqueline Clerfeuille, retraitée de l’Education Nationale ex-conseillère municipale d’opposition et Annie Montaux ont expliqué comment s’est construite cette association destinée aider des personnes en difficulté à maîtriser la langue française et à passer les examens nécessaires pour obtenir un titre de séjour.

Naissance

 Il y a une quinzaine d’année, Jacqueline Clerfeuille professeur d’allemand a eu des élèves étrangers dans sa classe et a dû adapter son enseignement en conséquence, d’ailleurs l’Education Nationale a mis au point des programmes très élaborés pour les enfants allophones c’est-à-dire qui ne parlent pas la langue du pays où ils vivent.

Il y avait les enfants mais il y avait aussi les parents, tout aussi perdus que leur progéniture. De manière informelle s’est mis en place une formation gratuite pour les adultes. Ainsi est née l’association Possible en 2012.

Dans un premier temps l’objectif était d’aider les mamans des élèves étrangers à comprendre le système scolaire français, les commentaires sur les documents concernant les enfants … Très rapidement l’association s’est ouverte à tous les demandeurs étrangers et au fil du temps, elle a évolué pour répondre aux besoins de diplômes exigés par la nouvelle législation.

Les 12 apôtres

La vocation de Possible est l’enseignement du français, soit pour un public de personnes françaises ayant besoin de progression dans sa langue maternelle souvent pour des motifs professionnels, soit pour un public non francophone dans la nécessité de passer des diplômes d’études de langue française (DELF) afin de pérenniser une situation légale.

L’équipe comprend actuellement 12 enseignants plus une juriste qui aide à remplir les dossiers pour les divers organismes, la préfecture en particulier. Le travail est mené en liaison avec France Travail, le Point Justice, la ville de Gujan-Mestras et bien sûr les établissements scolaires.

Les gens ont des circuits incroyables, les personnes viennent du Brésil, de Colombie, du Mexique, d’Ukraine (8) de Syrie, de Nouvelle Zélande, de Côte d’Ivoire, du Cameroun, de l’île Maurice, de Guinée, de Moldavie, du Sénégal, de Turquie.

Les élèves bénéficient de trois cours gratuits par semaine parfois plus si cela s’avère nécessaire pour l’obtention des diplômes.

Insertion locale

La mairie de Gujan-Mestras a été coopérative en mettant une salle à la disposition de l’association à la Maison de la Culture, en donnant des facilités pour la reproduction des documents et en octroyant une subvention de 1200 euros par an qui sert à financer le matériel pédagogique des professeurs ( livres, tableau pour chaque salle etc…

En mars 2024 un livre a été publié en autoédition accueillant les récits d’immigration de 21 personnes, ayant appris le français à Possible, travaillant et étant parfaitement intégrées. L’objectif était de donner aussi de la voix à ceux qui s’intègrent et ne posent aucun problème.

Ce livre Je ne savais pas que mon histoire était belle a été soutenu par la ville de Gujan-Mestras. Jacqueline Clerfeuille et Annie Montaux, les deux rédactrices ont été invitées au premier salon littéraire de Femmes Solidaires en novembre 2024. Le livre n’est pas vendu mais laissé au versement de dons libres. Cet ouvrage est important car sa lecture dédramatise en quelque sorte la situation, il apporte un éclairage différent sur les gens sont là.

Lors de la réunion de l’ANMONM à Biganos, 182 euros ont été récoltés qui viendront grossir la cagnotte pour un retirage.