Obsèques de Jean Sanson

Ils étaient nombreux ce mercredi 6 novembre à s'être déplacés pour un ultime "au revoir" à Jean SAMSON, président Honoraire de la Section Gironde de l'ANMONM , ancien administrateur national, ancien président national par intérim de l'ANMONM.
Famille, anciens collègues du Conseil départemental, général autrefois, amis de tous horizons et compagnons de l'ANMONMGironde. Le Maire de Lacanau avait tenu à être présent ainsi que Madame Madrelle épouse de l'ancien président du Conseil départemental dont Jean fut un des proches collaborateurs.
La bénédiction a été donnée par le Père Thomas Curé des paroisses de Lacanau-Hourtin-Carcans.
14 porte drapeaux, de la SMLH, de l'UNC de Lacanau, et de l'ANMONM étaient au rendez vous de cet hommage rendu à Jean.
Proche du cerceuil de Jean, le fanion du GMS 8 ( groupe mobile de Sécurité) était en place. Jean en avait confié la garde à notre Compagnon Jean Pierre Raynaud en souvenir de cette Algèrie qu'ils avaient au coeur.
Les petits enfants de Jean ont retracé de ce qu'était leur vie auprès d'un grand père attentionné et aimant, puis le président de l'UNC Lacanau, Marc Jékè a rendu hommage à Jean pour sa présence au sein du comité de Lacanau.
Ensuite, avant que le cerceuil de Jean ne rejoigne le cimetière de Lacanau-Océan où Jean repose désormais, Joël Cabardos le président départemental actuel de la Section Gironde a retracé la vie de Jean à travers un beau discours que nous vous invitons à découvrir ci-après.

Hommage à notre regretté Jean SAMSOM Président Honoraire de la Section Gironde
Notre ami Jean Samson est né le 7 juin 1936 à Sainte-Colome, très beau village de la vallée d’Ossau, dans les magnifiques montagnes pyrénéennes, au sein d’une famille modeste aux valeurs républicaines et humanistes. Après de bonnes études classiques, il souhaite s’orienter vers l’enseignement, mais il est happé par le service militaire avec son contingent 56/2B lequel doit répondre aux besoins urgents en hommes pour aller combattre en Algérie. Ainsi donc, Jean est né sous la IIIème République expirante à la veille de la 2ème guerre mondiale. Homme d’action, généreux et enthousiaste Jean Samson était une personne particulièrement attachante. En réalité, Jean a eu 3 vies heureuses et bien remplies : une vie militaire, une vie administrative et une vie familiale et associative qu’il a pu accomplir grâce à l’aide et l’amour de ses proches.
La vie militaire
Jean est un de ces jeunes français qui ont eu vingt ans sous les drapeaux en Algérie. Après ses classes en Tunisie au C.I.I.T. de Bizerte, il est proposé pour suivre la formation d’E.O.R. et rejoint l’Ecole d’Officier d’infanterie de Cherchell en Algérie.
Il appartient à la promotion 804. La particularité de cette promotion est d’avoir vécu le 13 mai 1958 à Alger. La majorité des élèves ont adhéré spontanément aux divers « comités de salut public » présidés par le Général Gracieux aux ordres du Général Massu, patron de l’Armée en Algérie. L’histoire retiendra de ces évènements pacifiques que la France basculait dans le processus qui conduira à l’avènement de la Vème République.
A la sortie de l’Ecole d’Officier de Cherchell, Jean est nommé sous-lieutenant et affecté dans les unités opérationnelles du Constantinois. Tous les jours en opérations dans les secteurs de petite Kabylie, des Aurès Némancha et des hauts plateaux d’Ain-Mila, il pourchasse sans relâche les hors la loi. Mais au-delà de l’aspect guerrier et dans le cadre de la pacification, il apporte, avec générosité, son soutien aux SAS dans leur action humanitaire en faveur des populations des mechtas, malheureusement premières victimes de ce misérable conflit. Puis vient le moment de la libération de sa classe d’appel. Heureux avec ses hommes, Jean demande alors à l’autorité militaire de continuer à servir comme Officier en situation d’active. Son idéal étant toujours de poursuivre sa mission de paix pour une Algérie Française apaisée. La demande acceptée il restera en Algérie jusqu’au 1er juillet 1962 date de l’indépendance.
Sur le terrain, la guerre était gagnée avec honneur, sur le tapis vert, la guerre était injustement perdue. Perdus aussi 40 000 frères d’armes, perdus, sur le plan humain, un million de « pieds noirs » complètement abandonnés, perdus aussi les valeureux harkis, les GMS et supplétifs engagés par le FLN revanchard et cruel et enfin perdus à jamais trois départements français d’Algérie dorénavant livrés à leur triste sort. Devant ce drame, Jean avait bien compris que l’époque coloniale s’achevait, que tous les empires dans le monde agonisaient, et convaincu qu’il n’y avait plus d’alternative réaliste à l’indépendance de l’Algérie. Jeune officier français meurtri il quitte volontairement l’armée active. Bien entendu cela ne l’empêche pas de poursuivre dans la réserve sa formation militaire faisant sienne la devise « ils s’instruisent pour vaincre ». Dès lors, les stages et les exercices militaires se succèdent. En août 1966 il intègre l’Ecole d’Etat-Major à Paris et en 1977 il est auditeur à l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale. Plusieurs années après, atteint par la limite d’âge, il termine au grade de Colonel de réserve, diplômé d’Etat- Major.
La vie administrative
Au retour de l’Algérie en juillet 1962, les officiers qui n’ont pas renouvelé leur contrat sont dispersés dans la fonction publique de l’Etat. Pour sa part, Jean est affecté au ministère de l’Intérieur au service de la Protection Civile. C’est là que commence sa vie civile. Il suit de nombreux stages à l’Ecole Nationale de Nainville-les-Roches, implantée dans l’Essonne. Après une formation de plusieurs mois, il est affecté au cabinet du préfet à la Préfecture des Pyrénées Atlantiques à Pau. Ces actions principales ciblent le développement du secourisme, le secours en montagne, la sécurité du site industriel de Lacq, mais l’évènement qui l’a marqué le plus c’est assurément le tremblement de terre d’Arette, le 13 août 1967. Le préfet décide aussitôt de déclencher le Plan ORSEC et nomme Jean Directeur des secours. Ce fut pour lui une expérience remarquable et mémorable. En 1969, le ministre le nomme à Bordeaux, Directeur de la Protection Civile affecté au cabinet du préfet de la Région et de la zone de défense Sud-Ouest, Gabriel Delaunay. A cette époque, la doctrine change et s’oriente vers la planification. Ce sont donc la mise en place des plans relatifs aux secours routiers, défense des forêts, les inondations, surveillance des plages et aussi le plan ORSECRAD lié à la création de la centrale nucléaire du Blayais. Dès lors, le département de la Gironde est à la pointe de ces innovations.
Au début des années 1980 un autre évènement majeur intervient, il s’appelle la décentralisation. Le préfet Verger détache Jean à la demande du Sénateur Philippe Madrelle, Président du Conseil Général de la Gironde. Ensemble ils mettent en place « cette révolution tranquille » qui va au cours des années transformer l’Administration de notre pays ainsi que la vie quotidienne de chacun d’entre nous. Quelques années plus tard, c’est le Sénateur Jacques Valade qui succède à Philippe Madrelle. Avec lui, c’est le transfert des collèges et des transports scolaires qui passent de l’Etat à la collectivité locale pour le plus grand bénéfice de la Gironde. Enfin, l’âge de la retraite ayant sonné, Jean quitte ses fonctions avec le grade d’Administrateur Territoriale Hors Classe.
Le monde associatif
Vient alors le moment, d’agir librement et de se consacrer plus particulièrement à ses proches ainsi qu’aux Associations qui l’attendaient. Il agit avec enthousiasme au sein d’équipes d’amis pour le meilleur de nos excellents résultats, notamment, au sein de l’ANMONM dont il est le Président Départemental Honoraire.
Durant les quatorze années passées à la présidence de la Section Gironde entre 1998 et 2012 il donne à la Section sa structure actuelle en créant les dix comités que l’on connaît aujourd’hui, et en les dotant chacun de son propre drapeau. Il fut également Administrateur national et assura pendant quelques temps l’intérim de la présidence nationale. Par ailleurs c’est à son initiative que fut créé le Club Loisirs du Ruban Bleu par Christian Panatié.
Ce travail put se dérouler dans les meilleures conditions grâce à l’aide continue et dévouée de Nicole son épouse.
En définitive, Jean a toujours été très heureux dans ses engagements car il les a choisis. Atteint par la maladie contre laquelle il s’est battu plusieurs années avec un grand courage, il s’éloigne naturellement du monde actif pour mieux revivre par la pensée une vie entièrement consacrée aux autres par amour et dévouement.
Pour couronner cette carrière c’est en toute modestie et honorabilité que notre ami Jean se gratifie des titres suivants :
- Administrateur Territorial Hors Classe
- Colonel de réserve d’Infanterie, diplômé d’Etat major
- Auditeur de l’IHEDN
- Ancien combattant d’Algérie
- Chevalier de la Légion d’Honneur
- Commandeur de l’Ordre national du Mérite
- Croix de la valeur Militaire avec 4 citations
- Président départemental Honoraire de l’ANMONM de la Gironde et Administrateur national
La présence de Jean va nous manquer à tous. De là où il est, il apprécie sans aucun doute notre présence autour de son cercueil pour l’hommage que nous lui rendons. Il restera un exemple pour tous.
Chère Nicole, chers membres de la famille de Jean, chers amis, chers Compagnons des diverses associations ici présentes, voilà qui était Jean Samson qui restera à jamais dans nos mémoires.